Lili Kronik

Découvertes et réflexions d’ailleurs et d’ici…

La YOUNIANE

Posted by Lise Tremblay on décembre 4th, 2013

La matinée est déjà bien amorcée lorsque j’arrive à la tribu de Baco. Des arômes délicieux titillent mes sens d’une intensité croissant avec la cadence de ma démarche. Guidés par quelques ainés, les jeunes retirent les bougnas du grand four traditionnel et forment une chaîne jusqu’aux tables de distribution.

Sous le porche principal, au réfectoire extérieur, les hommes se rassemblent autour de quelques instruments de musique en fumant et discutant. Des sons de Yukulele, guitare, quelques couvercles de marmite et cuillers de bois s’associent pour flatter mon ouïe. Leur voix semblent préprogrammées pour se compléter dans l’exécution d’une harmonie au rythme tribal et envoutant.

Certaines femmes papotent tranquillement en dégustant le thé sur une natte, tandis que les petits chahutent aux alentours, jamais bien loin. D’autres femmes s’affairent dans la cuisine communautaire. Les braises sont ardentes et les plats mijotent doucement, alignés sur des travers métalliques couvrant le four à bois long d’environ cinq mètres sur deux. Je retrousse mes manches et je me dirige vers Martine en tendant la joue droite en premier; toujours.

- Que puis-je faire pour aider?
- Ah ben justement, tiens… installe-toi là, il y a tous ces citrons à presser. Nous allons faire une limonade.
- Super, je suis contente d’être avec vous, merci!
- Merci de nous aider, on est aussi contentes que tu aies pu venir. Y aura un bingo plus tard et puis le tirage de la tombola se fera ici cette année, il reste encore un peu de billets si tu veux en acheter.

Pour 20 litres de limonade, j’aurai pressé autant de citrons que nécessaire pour en extraire un litre de jus. Ajoutez à cela environ un demi-kilo de sucre et le tour est joué.

Le repas du midi approche, le repas de l’au-revoir, aux saveurs et aux couleurs de la tradition Kanak…

Il pleut tellement fort que l’eau qui s’écoule sur la toiture en tôle se déverse furieusement par la seule gouttière, jusque dans un baril que l’on doit vider à une fréquence incroyable. Et tandis qu’une mamie passe sans relâche le racloir rangé là, prêt à servir, on distribue les couverts, on découvre les mets et on remplit les plats de service. Tout le monde se met à table sauf bien sûr, les mamies de Baco. Elles sont les hôtesses et veillent consciencieusement au bon déroulement du repas. Il y a bien une centaine d’invités, c’est beaucoup de travail.

Avant d’entamer le repas, la prière est appelée et on se lève pour entonner le chant religieux. Le chœur des femmes d’abord, puis celui des hommes qui prend le dessus, livré à lui-même par le décrescendo des femmes jusqu’à plus rien. Et ça reprend, les femmes puis les hommes. Les aiguës se mélangent gracieusement jouant avec les demi-tons, les bémols alors que viennent s’entrelacer les basses vibrantes et profondes. J’en ai la chair de poule!

Après avoir lavé la vaisselle pendant plus de trois quarts d’heure, Isaline vient me chercher et m’invite à laisser ma tâche au suivant afin d’aller manger. Le choix est considérable: cochon, crabe, poulet, mulet, loche, bougna, riz au coco, igname, frites, salade de carottes, salade de chouchoutes, etc, ouf! Quel repas frugal. Et tandis qu’on discute en sirotant le thé, ça y est, c’est l’heure de la cérémonie de clôture.

Cela fait cinq jours que sont réunis les représentants des différentes paroisses de la grande terre et des îles. Ils se sont regroupés afin de discuter des projets à poursuivre et à mettre en branle pour la prochaine année. Ça n’aura pas été facile à tous les jours, mais ils auront trouvé des accords et fait progresser leurs dossiers comme à chaque année. C’est la Youniane.

Il faut maintenant passer le flambeau à la prochaine tribu-hôtesse de l’événement. Pour ce faire, les représentants de Baco se retrouvent d’un côté du porche et terminent les derniers préparatifs pour remettre la Xhoke, une grosse igname que l’on habille selon la tradition avec une robe missionnaire et un chapeau magnifique qui fut tressé plus tôt dans la matinée. Cette représentation d’une jeune fille évoque la tâche délicate et difficile qu’est la mission de la Youniane. Chaque année, elle est remise ainsi afin de symboliser le devoir sacré et pour cristalliser l’engagement de la prochaine tribu-hôtesse. Une délégation se forme et se met en marche pour accompagner la «fille» jusqu’aux mains des suivants. On contourne les principaux bâtiments au son de percussions et de cris de joie, comme un mantra. Puis, un silence solennel s’impose dans un face à face où la tribu de Baco et les représentants des autres communautés s’expriment tour à tour. Les allocutions se succèdent. On se dit combien les jours furent appréciés, on rend hommage aux hôtes pour l’accueil, l’hospitalité et les commodités, on s’excuse pour certains emportements excessifs, on parle d’avenir et on se remercie réciproquement pour le temps et l’énergie accordés au travail. Certains chefs versent quelques larmes dans une élocution saccadée par une vive émotion. La rencontre aura été intense et il faut le souligner dans le respect et la reconnaissance. Lorsqu’un discours se termine, la communauté acquiesce à l’unisson par une simple expression en langue commune - Hoy!

Avant le départ, sous une pluie incessante, les enfants ont maintenant leur moment de gloire. Ils ont préparé trois danses avec entrain et attention. Âgés entre 5 et 15 ans environ, ils se sont parés de leur beaux costumes. Fébriles, garçons et filles surmontent le stress du moment et au son d’une musique avoisinant le reggae, ils dansent ensemble, se validant du regard pour certains mouvements plus difficiles. À peine ont-ils commencé que déjà ils sont tout trempés, mais qu’à cela ne tienne, on peut sentir qu’ils y mettent tout leur coeur; ce moment est important pour eux. C’est le moment où l’on reconnait la valeur de la jeunesse et l’avenir qu’elle représente pour ses ainés. C’est le moment où ils se sentent essentiels et intimement liés à leur communauté. Sous l’influence polynésienne, à la manière dont les filles déploient leur bras comme pour mieux supporter le mouvement des hanches, et bien évidemment, avec la touche mélanésienne traditionnelle ou les pieds bien plantés en terre et les genoux écartés pour reproduire des figures plus carrées, on y retrouve l’essence d’un peuple. Fluidité et caractère, le mélange racé d’une société en plein essor.

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Pour en finir avec la mort

Posted by Lise Tremblay on août 28th, 2013

Mon premier contact concret avec la mort remonte à mon adolescence. J’étais enjouée et rebelle quand la «Grande faucheuse» est passée sur l’autoroute 40 à la hauteur de Grand-Mère. À 17 ans, Anne n’a eu aucune chance, elle est morte sur le coup laissant une famille anéantie par son décès et les séquelles permanentes d’un accident de voiture à 100 miles à l’heure pour sa mère et sa sœur. Sans compter toute une gang d’amis stoïques et encore incapables de vraiment jauger la permanence de la situation; le drame de cette famille.

Dans cette même période, le frère de l’ami de mon petit frère s’est suicidé. Trop parfait, trop de pression, trop brillant, il a craqué et s’est enlevé la vie. Sa mère ne s’en est jamais remis et elle a craqué elle aussi quelques années plus tard. Faisait-il partie de ce groupe de jeunes alliés dans un pacte de suicide? Non, ça c’est une autre histoire.

Plus tard, beaucoup plus tard, il y eut mes grands-parents, les uns après les autres; vieux et prêts pour le «Dernier voyage»

Entretemps, la naissance de mes enfants, l’attente interminable du premier souffle de ma Sophie qui aujourd’hui respire à plein poumons avec son caractère racé et son allure raffinée. Fiou! La petite-fille de sa grand-mère m’a fait peur ce jour-là.

Il y eut le père de mon ex et un peu plus tard; l’un de ses meilleurs amis parti dans la fleur de l’âge, laissant derrière lui une épouse d’à peine trente ans en béquille, un petit garçon au bras dans le plâtre et une fillette pleine d’égratignures. Quelle tristesse, quel drame! Si jeune; tant de promesses orphelines…

Un jour c’est ma belle-sœur qui tomba malade du cancer et qui nous quitta dans l’année, laissant mon frère et sa fille poursuivre la vie de famille sans elle. Mon frère était veuf; ça m’impressionnait beaucoup et je me sentais impuissante devant son deuil.

Voilà l’essentiel de mon rapport avec la mort. Je suis une grande épargnée de cette épreuve que nous traversons tous çà et là au fil de notre existence. Mon fils Joël en a plus vécu entre 18 et 25 ans que moi de toute ma vie; et de beaucoup. Le deuil, la brutalité de cette irrévocable réalité, il en connait tout un rayon.

Et puis voilà qu’en 2008, un voile indéfinissable se fit plus palpable autour de moi, me rappelant que tôt ou tard, la félonne faucherait plus près; plus profondément. Insidieusement, elle s’immisça d’abord par l’annonce de la maladie d’Alzheimer que mon père, cet intellectuel, devait désormais accepter comme compagne de remplacement à son brillant esprit, subissant les limitations et la dégradation de ses capacités les unes après les autres. Et puis quelques mois plus tard, mon frère fut foudroyé par une crise cardiaque qui nécessita un quadruple pontage. Au printemps 2009, mon ainé partit pour l’Afghanistan, provoquant en moi une douleur que je dus accueillir pour m’ouvrir et lui dire au-revoir comme si plus jamais je ne le reverrais… En août, mon Daniel, le dernier à quitter le nid, déménagea à Québec pour poursuivre ses études universitaires laissant derrière lui une sensation de vide que je n’ai pas vu venir. En octobre on m’annonçait un cancer du col de l’utérus qui fut opéré sans complication aucune; pas de chimio - pas de radio. En février 2010, mon ex, le père de mes enfants, traversait à son tour l’épreuve du cancer mais autrement plus sévère que moi. Terrassé par un stade 4; il s’en est sorti! Il est en rémission depuis. Et puis oui voilà, le spectre a passé son chemin sans plus de chichi. Une année et demi qui m’a ébranlée par les racines.

En novembre dernier, la mort s’est mise à radoter, s’imposant implacablement telle une souveraine et cette fois, intraitable. Quelques mois tout au plus et mon père nous quitterait pour de bon. J’ai perdu ma plume! J’aurais eu 1001 choses à dire, mais à chaque fois que je m’y mettais, je ne pouvais que réprimer la futilité de mes propos. Mon père se mourait et il me semblait indécent de poursuivre mon quotidien, mes aventures, mes réflexions, etc. À 14 000 km de cette réalité, je me sentais à la fois égoïste et impuissante.

J’ai pu le revoir et traverser avec lui ses derniers jours. Je l’ai vu souffrir et se plaindre comme je ne l’avais jamais vu. J’ai aussi eu le plaisir de quelques échanges encore lucides ou semi-lucides peu importe. Ses visions d’un oiseau de lumière qu’il chevauchait, ses propos sur l’évolution de la race humaine, sur tous ces gens de couleur qui vont et viennent dans cette «maudite  chambre infecte», ses contributions scientifiques au cours de sa carrière…  tout cela retenait mon attention. Puis tranquillement, je l’ai vu sombrer dans un repos opiacé ou l’on sentait que la douleur ne l’atteignait plus. Jusqu’au tout dernier filet de souffle, ma fille, ma mère, mes frères et moi, nous étions scotchés à ses côtés et nous le soutenions au mieux. Nous sentait-il?

C’était le 22 janvier 2013. Depuis, il ne s’est pas passé une semaine sans que je cherche quoi écrire, comment le dire et surtout comment désamorcer mon blocage. Je n’y arrivais tout simplement pas. Il m’aura fallu sentir le passage de la mort… encore; pour me livrer la réponse. Aujourd’hui, ma précieuse amie Josée vit un deuil à son tour. Sa grande amie que j’ai rencontrée quelques fois est écorchée à vif par la perte de son fils - 31 ans. Toujours à 14 000 km de leur réalité, je suis touchée et bouleversée… encore. Le résultat: tout comme dans Astérix et le coup du Menhir, lorsque Panoramix le druide perd ses moyens et sa mémoire parce qu’Obélix le balourd l’a frappé accidentellement avec un menhir et qu’il ne revient vraiment lui-même que lorsqu’il reçoit un autre coup de menhir, moi, j’ai retrouvé ma plume! Le mal vaincu par le mal.

En hommage à Philippe Lavoie Lacasse ainsi qu’à mon père: par leur départ, la «Grande faucheuse» nous a profondément écorchés et elle va récidiver inexorablement encore et encore… Quelle fatalité; quelle merde! Et puisque la merde ça va dans un endroit clos et sombre qu’on appelle caniveau, ses effluves dévastatrices ne sont la plupart du temps que de vagues réminiscences. Laissons donc Thanatos et ses disciples errer dans les dédales puants de l’éternité.

Allons nous amuser dans les champs lumineux de la vie; la «Grande semeuse-moissonneuse»!

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La chorale

Posted by Lise Tremblay on septembre 24th, 2012

Tandis qu’au passage du vent, le blé se ploie et ondule comme une vague teintée par la chaude lumière du zénith d’automne, alors que commencent les grandes migrations, il existe un endroit secret où la magie charme les habitants d’une autre dimension…

Dans cet univers parallèle, on s’affaire avec attention à dresser le chapiteau de la Grande foire mystique. Ici, on renforce certains câbles trop usés, et là, on suspend les oriflammes représentant le thème de cette année. Au-delà de toute cette effervescence, là-bas, derrière le champ de quenouilles, ils sont tous là, vêtus de leur magnifique costume aux couleurs flamboyantes, conçu spécialement pour cet événement. Les membres de la chorale sont réunis, concentrés et sereins. Ils ont confiance en leur chef, un ténor à deux becs un peu coincé mais oh combien talentueux et raffiné.

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*Bibi ouvrira le concert avec le célèbre Hymne au blé d’or de *Huardi À. Collieri. Une œuvre magistrale certes, mais que personne ne pourrait mieux rendre que le coffre bien rond de *Bibi, véritable caisse de résonance pour sa voix suave et profonde.

Suivra le duo *Lubi et Capri, des jumeaux aussi différents que peuvent l’être un frère et une sœur. Ils ont fait un travail très impressionnant en créant un pot pourri façon baroque avec quelques airs «trash» de leur génération. Le résultat, vivifiant et inattendu, devrait dégourdir les bassins les plus stoïques.

Lorsque *Duotti s’avancera à son tour, c’est dans la transe que l’auditoire abandonnera tous ses sens. Utilisant son double bec pour séparer la projection de sa voix dans la légèreté et l’éclat comme dans l’aigu et le large, le ténor dramatique entonnera un chant spirituel des hauts becs de l’Ouest.

Livré à *Madame Méli dans un état d’apoplexie, il lui suffira d’embraser le public de sa voix cristalline et enchaîner avec une vibrante interprétation du seul chant jamais composé par le célébrissime Esti DeVente. Ce moment de profonde vérité disposera les uns à des émotions de plénitude et tirera des larmes aux plus sensibles.

Et quand enfin, les premières notes mielleuses et enjôleuses de maître *Finni aguicheront les oreilles de la foule en délire, au moment de terminer cette soirée d’envergure, seule sa voix gardera tout le monde en émoi devant une prestation triomphale du Cercle de la vie, de *Bernatchez Du Canada.

Mais pour l’heure, ensemble ils se dirigent vers le grand chapiteau et se mettent en scène devant le rideau végétal peint par Mère Nature en personne pour l’occasion. Comme un voile que l’on déploie, un silence que l’intrigue tient en respect déferle dans la foule. La chorale entame le Chant d’Automne par l’union à cappella de ses magnifiques voix comme autant de couleurs chaudes aux accents laurentiens. Que le spectacle commence!

* = Lire avec un accent italien!

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Le temps d’un été…

Posted by Lise Tremblay on septembre 21st, 2012

La température de l’eau au Lac Bouton oscille les 12 degrés C??? enfin, c’est comme l’eau froide qui coule du robinet en plein hiver… québécois! Le soleil est de retour ce matin, il fait 11 degrés C. Malgré qu’il soit 9h, le lac est au beau fixe; immobile. Aucun souffle de vent pour dérider sa surface. La baie se révèle toute chose et timide sous la caresse des premiers rayons du jour qui s’appliquent à soulever délicatement son voile de brume éthérée. Le lac perd sa chaleur. Il s’évapore en milliard de gouttelettes dressant le portrait d’un ciel bleu limpide que rien ne trouble en dehors de quelques nuage duveteux, moelleux… Ils s’agglomèrent, s’effilochent, grossissent et grisonnent plus rapidement et en plus grand nombre ces derniers temps. Ils éclatent beaucoup plus souvent. Le cycle de la pluie est en croissance. L’automne s’installe indéniablement! En plein cœur de ce transit où les vents du sud cèdent le plus souvent le pas aux Nordest ou Noroît de ce coin de pays, mon paréo ne suffit plus. Y - FA - FRETTE !

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Puisque c’est le milieu de vie que j’ai choisi pour mon séjour au Québec et comme je savais pertinemment que l’été se lasse tôt du 45e parallèle, j’assume pleinement et je m’entretiens comme il se doit avec les moyens du bord. Vivre dans la nature requière de la discipline et du respect, mais ce qu’elle offre en retour n’a aucune commune mesure. Ce matin est un moment idéal pour faire ma toilette. Pas de vent, du soleil et une certaine chaleur… y a que la température du lac à surmonter, c’est tout de même mieux qu’hier = ciel couvert,  environ 8 degrés C, lac agité et bourrasques de vent du nord… Là au moins, je prends le temps de m’acclimater à l’eau; une dizaine de minutes avant d’arriver à nager un peu et me délier les muscles. Savon, double shampoing et revitalisant; aussi bien en profiter puisque je suis saucée et confortable dans l’eau. Après la baignade, le soleil a tôt fait de me réchauffer en dedans comme en dehors, compensant l’intensité de l’exercice, par un legs de bien-être à nul autre pareil.

Voilà mon début de journée en ce jeudi 20 septembre 2012, dernière journée de cet été particulièrement généreux.

D’ici un peu plus d’une semaine, le chalet sera «hivernisé» et je passerai les 15 derniers jours à me promener d’un endroit à un autre; encore. Je vais revoir tout ceux que j’aime et que j’apprécie ici au Québec; à la fois repères et motivation. Et puis, je vais m’en retourner vers Koné; enfin!

J’ai franchement hâte de rentrer. De partager à nouveau la douceur de notre vie Néo-Calédonienne avec mon amoureux, mon complice. Je suis en manque de câlins érotiques et affectifs…

Les copines aussi me manquent (pas pour les mêmes raisons…). Après 9 mois là-bas, des prémisses d’amitié s’étaient dessinées; sincères et chacune de manière unique. Juste au moment ou tout cela commençait à prendre forme, je m’en revenais ici au Québec. Certaines d’entre elles auront quitté ou quitteront sous peu. J’aurai manqué quelques départs. Le monde des expatriés est une petite planète dont la trajectoire se poursuit sur une orbite toute aussi petite. Petit monde, inertie proportionnelle = ça va vite! Sans compter que les choses évoluent rapidement lorsqu’on est entièrement disposé au changement et c’est encore plus probant dans l’univers des «expats».

Bilan année 1 - Vieux croûtons? Pas vraiment!
Des changements… On en aura vécu plus d’un au cours de cette année. Tout ce remue-ménage dans notre vie représente encore à ce jour un défi salutaire à souhait. Oui, je le crois! Parce qu’au lieu de rester dans une très relative stabilité, nous avons provoqué ce processus de mutation.

Passer l’été seule ici au Québec, fait partie de ces chamboulements imprévus et enrichissants dont les bénéfices se sont ajoutés à mon coffre d’outils. Quand je suis partie en juillet dernier, quelques copines, chacune de son côté, m’avaient habilement et probablement inconsciemment dirigée vers la quête de quelque chose en moi. Fréquenter la nature au quotidien m’a révélé mon jardin intérieur dans un éclat renouvelé. J’y ai fait de belles trouvailles et il me tarde de transplanter ces jeunes pousses dans le sol Néo-Calédonien.

À travers tout ce qui est arrivé au cours de cette distance de quelques mois, face à une introspection positive et motivante, il me faudra pourtant maîtriser un apprentissage qui demeure difficile à intégrer: PATIENCE, je rentre chez nous dans trois semaines!

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L’itinérance

Posted by Lise Tremblay on septembre 1st, 2012

«L’expression [se stabiliser] me semble un peu abstraite pour définir la sensation de se déposer, de prendre contact et habiter son entourage autant que d’en profiter. À court terme, cet aboutissement n’offre aucune perspective. Seul le temps porte en lui l’éclairage et l’acuité de cette expérience.»

Depuis que je suis arrivée au Québec, c’est la première semaine où je ne bouge pas. Après 56 jours d’itinérance, à vadrouiller entre Montréal, Saint-Wenceslas, Québec, Mistassini, Charlevoix, Saint-Hubert, Trois-Rivières, et le Lac Bouton, c’est mon septième jour consécutif de vie au chalet. Ça fait vraiment du bien!

POUR S’APPROPRIER LE PRIVILÈGE DE LA STABILITÉ, IL Y A PLUSIEURS ÉTAPES…

- la petite routine
Verre d’eau et fruits au lever. Ouvrir le téléphone cellulaire, voir mes courriels. Un peu plus tard, petit déjeuner bien garni avec protéines et céréales. Un peu d’exercice marche, natation, yoga - ça dépend. Tournée des petites boîtes de poison à souris. Va falloir que j’installe des pièges. Mini toilette, ramassage léger et mise en place de ce qui permettra de passer la journée. Manger léger. Longue sortie de natation et me savonner dans le lac. Etc.

- les réserves
De la bonne bouffe, de l’eau potable, des chandelles, un livre, de quoi dessiner, de quoi peindre, l’ordinateur chargé, le plein d’essence et passer le plus de temps possible au chalet. Pas le goût de sortir, juste le goût de rester dans cet environnement et d’y arrêter le temps… pour un temps à tout le moins.

- profiter
Le lac - Du réveil à la tombée du jour lorsque le vent se tait, que les dernières éclaircies surmontent encore la montagne et y réchauffent la baie; il y a le lac. À tout moment, selon la température ou la nécessité, j’y nage et la plupart du temps, avec un indéfinissable sentiment de perfection.

Le son - Cette ambiance sonore à la fois omniprésente et feutrée. Le bruissement des feuilles, le babillage des cigales et des criquets, le transport du vent dans la vallée, l’écho permanent et quelques fois si subtil, les multiples concertos de huards, le son de cette chaleur qui se dégage au moment d’une franche éclaircie sur le sol et les épines … quel univers complexe.

La lumière - Ce que la lumière provoque à son contact… C’est fascinant d’observer comment toute couleur se transforme en intensité et en saturation sous la force et l’angle d’un rayon de soleil. Comment la lumière se décline en un dégradé sur chaque épine d’un conifère. Et selon que la branche se situe au sommet ou à la base, les couleurs s’assombrissent et deviennent plus contrastées. Comment le lac n’est jamais tout à fait bleu comme sur les photos mais pas davantage brun. Comment l’effet diamant fascine aux premières lueurs d’un brouillard qui se lève sur une eau impassible. Comment certains oiseaux révèlent leur magnifique plumage au passage furtif d’un rayon bien orienté. La lumière n’en finit plus de colorer mon entourage.

La tranquillité - Une ambiance sonore, un décor, un milieu de vie; tous en harmonie avec la Nature avec un grand «N» ce qui inclue l’humain et développe l’humanité.

La solitude - N’interagir avec personne et tout ce qui m’entoure. Être seule avec moi-même, sans pression aucune. Je ne suis attendue nulle part et je n’attend personne. Habillée, pas habillée. Aucun souci d’apparence sinon celui qui me tente au moment de mon choix.

Oui, ça fait du bien de se stabiliser. Heureusement qu’il y a le Lac Bouton et notre vieille bicoque pour m’abriter. Ça me permet de cultiver mon bonheur en toute quiétude et de rencontrer mes obligations à distance. Ça me permet surtout de bien vivre cette période loin de mon autre vie, celle que j’avais bâtie depuis cette dernière année à Koné.

Toute proportion gardée, il y a eu là une importante période de «stabilisation». Je commençais à peine à en ressentir les bienfaits lorsque je fus appelée au Québec. Sachant mon passage de courte durée, je ne peux que conclure en disant: vivement mon retour à la maison. J’ai un processus en suspend et il me tarde de me le réapproprier!

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La vieille dame et sa chienne

Posted by Lise Tremblay on septembre 1st, 2012

UNE RENCONTRE FORTUITE

Je sortais de chez André Leclerc, électronicien. Un artisan comme il s’en fait rarement, une autre espèce en voie d’extinction…
Un câble de l’amplificateur de signal cellulaire s’était sectionné et je ne pouvais me permettre l’indisponibilité à ce moment-là. Je me suis donc adressée à un électronicien plutôt que de commander la pièce à 50$ et attendre trois semaines. Qui de mieux que mon vieil ami André… Vieux? Mahahaha Lui? Moi? Nanananana… Mais l’amitié remonte aux années 70. Ce n’est pas rien! Après avoir largement abusé de son heure de fermeture, je m’en retournais satisfaite avec le merveilleux pansement qu’il m’avait rafistolé afin de réparer le câble.

Elle marchait dans ma direction; menue, ridée, souriante et très attentive…
Elle se promenait avec sa vieille compagne canine comme à tous les jours quand la belle température lui permettait. Du haut de ses 4 pieds 10 po, elle déambulait avec douceur et grâce malgré la précarité de chacun de ses mouvements. Légèrement penchée du côté qui tenait la laisse, elle me regardait avec ses yeux incroyablement brillants. De ma distance, je dirais … probablement turquoise comme le lagon néo-calédonien.

Elle me fit un timide et sincère sourire que je lui rendis également. Puis, l’espace de quelques secondes, j’ai réalisé que l’esprit des îles m’avait rattrapée à nouveau et que déjà, je lui adressais la parole.

Moi: Bonjour! Quelle belle journée pour prendre l’air. En fait… quel bel été!
Elle: Bonjour! Oui c’est bien vrai. Un été parfait, pas trop collant, bien supportable. Je peux sortir tous les jours avec ma chienne. C’est bon pour moi autant que pour elle.
Moi: Wow, bravo! C’est tellement important l’exercice. Ça doit être pour ça que vous avez les yeux si brillants. Et ses yeux se mirent à briller de plus belle! Ce regard pourrait porter les plus grands destins tant il est vif et profond.
Elle enchaîne: Vous savez, elle a 18 ans ma chienne. En fait, c’était la chienne de ma fille, mais elle est déménagée ici à Trois-Rivières et elle ne peut plus garder sa chienne depuis ce temps. C’est moi qui l’ai adoptée en quelque sorte.
Moi: 18 ans! Wow, je suis impressionnée. Elle a l’air en forme quand même. Elle est bien active.
Elle: Oui, elle est pas mal sourde mais, pour le reste ça va. Moi j’ai 88 ans et c’est ma compagne depuis un peu après ma première opération.

Et là, on se met à discuter sur sa santé, sa fille, sa chienne, son défunt mari; sa vie quoi. Elle m’a même montré sa cicatrice qui lui a scié le ventre de bas en haut. Oui, nous avons eu une relation intime au coin des rues De Courval et Père Marquette!

Je ne sais plus combien de temps nous avons placoté là. Le soleil n’était pas encore couché ici alors qu’à Koné, à pareille heure, déjà la noirceur serait tombée. Mes deux réalités.

Le bonheur s’étale sur nos vies au rythme de notre épanouissement. À l’instar de cette vieille dame, s’accorder ce privilège, c’est mûrir dans le respect et la sérénité.

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Mission de sauvetage

Posted by Lise Tremblay on juillet 18th, 2012

Il fait 32 degrés C sous un ciel totalement dégagé. Le soleil descend tranquillement derrière la montagne. Je dirais qu’il est passé 19h… Génial encore si clair à cette heure!

Mon ordinateur est à plat tout comme la génératrice; j’écris avec un crayon au plomb sur une tablette de papier lignée. J’espère pouvoir me relire…

Je suis au Québec!
Des affaires urgentes m’y ont ramenée. Je suis ici en mission d’affaires pour une période indéterminée et je dois m’organiser pour être accessible en tout temps tout en (hihi - jeu de son) résidant au chalet où il y a ni électricité, ni eau courante et surtout; pas de signal cellulaire, à des années-lumières de la planète WWW.

À force de recherche et de créativité, mon chum a tout de même réussi à me faire la liste des bidules-machins électroniques-électriques qui me permettront de recevoir et d’émettre de précieux appels directement au chalet. Toutes ces jolies pièces du complexe puzzle des télécommunications seront disponibles vers la fin de cette semaine. Entretemps, je suis installée chez ma copine Margot ou bien à divers endroits à Trois-Rivières selon le moment et le besoin.

Un premier séjour au chalet ne pouvait mieux tomber en pleine canicule. Y étant, aussi bien s’organiser…

Priorité no. 1
Le nid d’abeilles juste à côté de la porte d’entrée. Si proche que je me suis fait piquer par quelques-unes qui me jugeaient sans doute comme une intruse menaçante sur leur territoire. Ce que ça pince! Hé bien, inspirée par ce même sentiment, je leur ai imposé ma souveraineté et reconquis mon territoire. J’aurais bien voulu cohabiter mais pas elles.

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Priorité no. 2
Le ménage… bon je peux toujours réviser mes priorités!

Priorité no. 3
Faire le tri de mon linge dans mes deux valises et réussir à bourrer seulement sac à dos pour la semaine. Je n’ai pas besoin de traîner avec moi tout mon linge d’automne. Avec cette canicule, des trucs légers et convenables suffiront. Sac à dos = impossible finalement, une valise est nécessaire, trop de choses encore.

Priorité no. 4
Profiter de ce premier WE au Québec où je me retrouve seule, seule dans mon petit coin de paradis en pleine canicule. Il y aura des missions plus difficiles!

Étant impuissante sur le plan technologique, j’ai changé de vitesse et je me suis laissée aller au moment présent. Striée par quelques courants de fraîcheur, l’eau du lac est chaude et confortable. Ah quel bonheur, quels instants parfaits et quel plaisir de se baigner dans l’eau douce! Je suis une sirène sans frontière, un béluga friand de marais et de lagon, une farouche habitante de la nature.

(Au moment de mettre sous presse cet article, je vous annonce que toutes mes priorités ont été accomplies!)

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Un îlot version québécoise; l’îlot huards! Devant ma petite plage… 

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Le plein suit le vide

Posted by Lise Tremblay on juin 26th, 2012

D’la belle visite!

Dans ma p’tite ville de Koné, notre maison s’est tenue bien remplie depuis le 5 mai dernier. Sont venus tour à tour Joël et Sophie (mon ainé - ma cadette), puis Daniel et Catherine (fiston et sa copine). J’ai eu le bonheur de voir tous mes enfants, en santé, en croissance, en questionnement, en amour; en beauté! Six semaines comblées d’aventure, de camping, de rencontres, de route et de lagon.

Toute cette énergie déployée à combler leur temps me laisse aujourd’hui dans un vide abyssal. Je suis vidée d’un gros plein, drainée par le vide que cause leur départ.

En faisant la route du retour dimanche, après avoir déposé mes derniers visiteurs à l’aéroport, je n’avais pas beaucoup envie de rentrer. Retrouver la maison vide, affronter les yeux dans les yeux le constat de leur départ loin… très loin de ma petite ville. Oh Julie, en arrivant à Pouembout, j’ai bien failli t’appeler au secours!  Te devinant toi aussi un peu happée par ce vide, je me suis abstenue. Nous sommes des «materphelines»!

Plus j’approchais de la maison et plus le retour au quotidien s’imposait; incontournable et souverain. J’ai finalement passé le reste de mon dimanche chez les voisins à droite et à gauche. «Noyer ma peine», discuter avec des gens de tous horizons, dans un esprit festif, en toute convivialité. Bon plan, super baume, cicatrisation rapide! Merci Nicolas et Marjorie pour cet accueil si chaleureux malgré notre visite improvisée, quelle chance de vous avoir dans le quartier! Merci Annie et Mario pour le bon repas, vous m’avez bien remplie!

Aujourd’hui mardi, reprendre la marche, reprendre le journal, des idées de cuisiner, du lavage par-dessus les oreilles, une mise à jour nécessaire à mon blogue, révision des photos, visite chez Vicki?, préparer un petit quelque chose pour la nouvelle voisine… Mais comment vais-je réussir à faire tout ça?

Tant que mes vides seront ouverts, tant que tout plein de petits bonheurs pourront y circuler, je savourerai les cadeaux de la vie et la satiété qu’ils me procurent aussi temporaire soit-elle.

Merci les enfants d’avoir pris vos vacances pour me rendre visite à l’autre bout du monde. Vous m’avez fait un cadeau inestimable et avez bien rempli ma tête de merveilleux souvenirs.

Merci tout spécial à mon amoureux pour avoir rendu tout ça possible et si facile.

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À l’amitié!

Posted by Lise Tremblay on mars 29th, 2012

Lettre à mon ami(e)

Bonjour mon ami(e),

Comment vas-tu? Comment va ton amoureux(se)? J’espère que la vie est bonne pour toi et que tout se passe bien… Comment va ton fils, ta fille? Les études, le travail? Toujours des projets dans le collimateur?

Je pense à toi souvent. Tu me manques beaucoup, beaucoup. Pas que je m’ennuie, loin de là, mais il y a tant de choses que j’aimerais partager avec toi. Il y a tant d’endroits magnifiques à découvrir ici, tant d’activités enrichissantes. Je souhaiterais qu’il soit aussi facile pour toi d’y accéder que ce l’est pour moi. Je sais combien tu apprécierais pleinement.

Dernièrement, nous avons fait quelques sorties à la plage de Poé. C’est une des belles plages de la côte Ouest, à mi-chemin entre Nouméa et Koné. C’est une plage fréquentée évidemment, mais ça demeure très relatif à l’échelle calédonienne. Lors d’une de nos journées à cet endroit, nous avons fait une sortie à bord du bateau avec un fond de verre et nous nous sommes rendus près de la barrière de corail. Enfin, pas assez près à mon goût, mais comme cette activité est familiale, il fallait demeurer prudent. Une fois rendus, le capitaine a jeté l’ancre et nous avons plongé pendant environ 45 minutes. Masque, tuba et palme… Si un jour tu viens en Nouvelle Calédonie, tu peux tout oublier, mais pas ton kit «P.M.T.». Le bonheur d’être là dans cette mer chaude, d’une clarté impeccable, à nager à travers les bancs de poissons, les coraux, les anémones. À chaque fois, c’est un enchantement.

Après cette plongée colorée, nous sommes retournés nous installer à l’ombre d’un cocotier tandis que les amis arrivaient les uns après les autres avec planche à voile, kite surf, nattes, protection solaire, pique-nique etc. Ils sont beaux, avec ou sans enfants. Tout le monde sourit et conjugue son bonheur au présent. Dans l’eau, en kayak, sur une planche, sur le sable chaud, les échanges complices et les blagues se déroulent au rythme de la marée qui monte, caressant nos visages d’un sourire au passage. Chacun libre de son moment…

Réflexion
Voilà que se tissent de nouveaux liens avec ces personnes qui proviennent d’un peu partout et même de la rue d’à côté! Tant de gens intéressants et souvent trop peu de temps pour les connaître tous à la hauteur de leur valeur… Ici, les activités sociales sont très nombreuses, à un point tel d’ailleurs, qu’il faut souvent choisir; à commencer par soi. Et puis, les groupes évoluent au gré des départs et des arrivées de nouvelles personnes.

Je m’interroge… Comment fait-on pour investir son cœur dans une relation d’amitié en sachant que c’est pour un temps limité. Je comprends et conçois que l’amitié se poursuit au-delà des distances, mais à chaque nouveau départ, le choc de la coupure physique demeure réel. Et parce qu’il y a des gens qui arrivent et qui partent sans arrêt, il y a eu et il y aura encore de nouvelles rencontres et de difficiles au-revoirs. S’il y a un aspect de la vie d’expatriée que je n’avais pas envisagé, c’est bien celui-là. La cadence accélérée des séparations. Rien n’est fixé ici. Nous sommes en transit; entre deux univers.

Des visages attrayants, des cultures enrichissantes, des propos différents, des rencontres extraordinaires. Tu sais mon ami(e) comme j’aime le genre humain, combien il m’intrigue autant qu’il m’attire. Tu imagines comme je suis heureuse ici de rencontrer beaucoup de personnes de tous horizons et de tisser de nouveaux liens. Tu sais aussi comme je suis entière et authentique. Et même si un apparat de surface, une couche de protection totale immunisée contre la chaleur de ces sourires et la lumière de ces regards me permettrait de m’exposer sans risques à ces rayons d’humanité, je choisis de hâler mon cœur au risque de quelques brûlures plutôt que de me préserver pâle et fragile sous une fausse immunité.

Merci la vie pour toutes ces amitiés (nouvelles et antérieures à la Nouvelle Calédonie) que je chéris dans mon cœur.

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Téléportation air-sol

Posted by Lise Tremblay on mars 17th, 2012

C’était samedi il y a trois semaines exactement. La journée ne faisait que commencer. Le temps était beau et sec; ce qui faisait grand bien. Une brise chaude nous caressait la peau et nous réconciliait avec l’extérieur qui enveloppe trop souvent notre peau d’une pellicule moite. Une journée remplie de légèreté, un samedi qui invitait au confort de la farniente plus qu’aux courses et bricolages habituels.

Nous avons donc entrepris la journée par du bricolage! Juste un petit peu, de quoi terminer l’installation du hamac sous le toit du patio. Un petit dix minutes et je m’y installais. Assise les jambes croisées, un gros coussin derrière le dos, mon ordinateur sur les genoux; ah relâchement! Laissons venir l’inspiration; écrire sur mon blogue… contexte parfait!

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C’est à ce moment d’intime plénitude, tandis que je m’évadais dans une dimension intemporelle, que je fus téléportée sur le carrelage du patio. Je crois que chef O’Brien a omis d’y entrer les paramètres gravitationnels.

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Il semble perplexe …

Alors que mon esprit restait suspendu 1m plus haut, le choc brutal et impitoyable montait le long de ma colonne vertébrale et raisonnait sans relâche du sacrum à la première cervicale. Les spasmes lombaires, dorsaux, pulmonaires, tout ce que je trouvais à dire c’était HAAAA HAAAA HAAAA et NON. Louis voulait que je me lève = HAAAA HAAAA HAAAA NON! Louis voulait que je me couche = NON HAAAA HAAAA HAAAA! Je me disais que le quartier tout entier allait accourir en m’entendant pousser pareils cris. Mais non. Tout le monde devait être sorti ou alors… le monde est sourd! Je me disais que je ne voulais pas de blessure, pas ici, pas maintenant, pas dans ce moment parfait de notre vie en Nouvelle Calédonie, pas à 52 ans. Je crois que j’ai eu peur… peur de me blesser irrémédiablement.

Trois semaines aujourd’hui, jour pour jour. Radiographies impeccables, pas de séquelles permanentes et pour l’heure, à part quelques douleurs et une limitation dans certains gestes, tout rentre dans l’ordre. Lundi je recommence à marcher et je vais m’en sortir!

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