Dugong - Vous connaissez?
Posted by le-bleu-le-sable-et-le-caillou on janvier 17th, 2012
Hé salut Tom! Toujours partant pour le WE prochain? On se retrouve à Thio?
Oui, oui, et en plus on aura du beau temps. Pouvez-vous me prendre à Bourail au passage?
Désolés, on a pas de place, la Jeep et bien remplie. Équipement de camping, équipement de plongée, équipement de kayak, glacières, etc!
On quitte Koné vers 14h vendredi on sera à la plage pour 18h environ.
OK, hé bien moi dépendant comment je me débrouille, soit vendredi, soit samedi.
Voilà, tout était prêt au retour de Louis. Une petite douche rapide, on embarque nos affaires et direction Boulouparis afin d’aller chercher la transversale et nous rendre sur la côte Est à Thio (prononcer Tcho). Nous avions beaucoup d’attentes pour ce WE-là. Ça fait déjà quelques mois qu’on veut y aller. Il y a plusieurs rencontres que nous souhaitons y faire et on espère pouvoir les réaliser toutes. Le voyage aller se fera sans encombres, sans anicroches. Une traversée somme toute moins vertigineuse que la transversale entre Koné et Tiwaka.
À Thio, berceau de l’exploitation minière du nickel, tout est rouille. Le paysage est montagneux et les cimes sont décalottées par d’anciennes mines de nickel. Si aujourd’hui, on fait très attention à la façon dont on traite les montagne. Si aujourd’hui le reboisement systématique fait partie des mesures de base à cette exploitation; au début du siècle dernier, on brisait tout sans se préoccuper de préserver l’intégrité des montagnes et des vallées. Le 25 décembre dernier, une conséquence de ces négligences a provoqué une coulée de boue sur un petit village un peu plus au nord de Thio. Heureusement, il n’y a pas eu de mort. Mais plus d’un millier de personnes ont été délogées de leur maison, le temps que la pluie cesse. Oh il est tombé 528,5 millimètres de pluie en 24 heures. Évidemment, c’est beaucoup d’eau et ça déstabilise n’importe quelle terre me direz-vous. À cela, j’ajouterai simplement que des montagnes décalottées, aux multiples sillons de sable rouge sans aucune forme de renforcement, voilà qui favorise grandement une catastrophe de cette nature. Encore heureux qu’il n’y ait eu que des dégâts matériels.
Nous avons donc traversé Thio, et longé la mer sur une route des plus douteuses. N’ayant jamais fréquenté l’endroit, on se demandait sincèrement si on ne s’était pas trompés. Mais c’était impossible, il fallait qu’on longe la côte pour trouver le camping de la Moara. Donc après une dizaine de kilomètres sur cette route, parfois en terre rouge, parfois en alsphalte, nous sommes arrivés. Et de justesse pour nous trouver un emplacement côté plage. Il y avait beaucoup de monde. Mais ici, ce sont les grandes vacances. C’est l’été, les jeunes sont en congé scolaire. Et le soleil était au rendez-vous pour tout le WE alors, évidemment, tout le monde s’est retrouvé quelque part le long des côtes calédoniennes.
Vue de la baie de Moara de notre campement - lever du jour.
On était vraiment bien installés juste en face de cette baie magnifique. Que l’on regarde à gauche ou à droite, à quelques minutes de nage et on pouvait tout à loisir passer des heures à explorer un platier corallien bien garni. On a pu y admirer évidemment de magnifiques paysages sous-marins, vraiment très riches en diversité, ainsi que de nouvelles anémones que je n’avais jamais vue et des poissons, des poissons et encore des poissons de toutes les tailles. Avec la lumière du soleil qui traversait la surface de l’eau jusqu’au fond bassin, on avait l’impression que selon l’angle de vue, les coraux s’allumaient tout à coup. Des rouges, des bleus, des blancs, des jaunes. Des formes de branches, des formes rondes et lisses, des formes étoilées s’entrelaçaient dans d’énormes amoncellements d’une vingtaine de pieds. On y découvrait des failles où les plus gros ou plus timides se cachaient. Vraiment, c’était un environnement magnifique. Tout cela pour le coût du camping; dérisoire! Tant de beautés, disponibles, à la portée de n’importe quel masque et tuba. C’est ce qui nous étonne toujours plus ici, l’environnement n’est pas encore commercialement exploité, il est là pour tout le monde.
UNE RENCONTRE IMPROBABLE
Et c’est dans cette baie que nous avons pu jouer avec le plus improbable des mammifères marins; un dugong. Vous connaissez? Celui qui est là présentement est encore tout jeune. Il a trois ans et demi. Il n’a pas encore atteint sa taille définitive. Il gagnera encore un mètre. Lorsqu’on vient à la plage de Moara, on espère le croiser. Il baigne souvent dans cette baie. Depuis le temps qu’il y vit, et tous ces gens qu’il rencontre régulièrement, je crois qu’il est un peu apprivoisé. Nous étions environ 5 à 6 baigneurs autour de lui. On l’observait, il mâchouillait les algues dans le fond de l’eau puis il remontait à la surface pour prendre son souffle. Lorsqu’il remontait, il ne fuyait personne. Il remontait parmi nous et nous laissait le caresser sans résistance. À un moment donné, je voulais le voir de face, je me suis donc positionnée pour être sur son trajet de remontée devant lui. Il est venu très très près de ma face et puis, il s’est retourné devant moi et on a fait comme une danse ensemble. Et d’un coup, je me suis retrouvée dos à lui et lui sous moi nageant ventre vers le haut. Il m’a attrapée avec ses deux nageoires très doucement et il me traînait, je n’ai pas senti qu’il cherchait à m’entraîner vers le fond. Vraiment c’était super sympathique. Mais j’ai remarqué que les gens autour de moi (nous étions quatre à ce moment-là) me regardaient bizarrement, j’ai ressenti un malaise alors j’ai cessé mon jeu car je ne comprenais pas et cela m’inquiétait. En fait, c’est que pendant ce jeu avec le dugon, nous avons constaté que nous avions affaire à un mâle. Ce qui n’avait pas été évident jusque là! Une pudeur naturelle me dictait qu’il valait mieux garder une distance.
Voici une petite vidéo qui a été faite il y a quelques mois avec le dugong que j’ai rencontré. En attendant d’avoir notre propre matériel pour prendre des photos et filmer sous l’eau!
Ouf, quelle journée épuisante. On a plongé pendant plus d’une heure et on a joué avec le dugong au moins aussi longtemps. Aujourd’hui, mardi, je suis toute courbaturée d’avoir tant nagé et forcé aussi. Mais on est revenus de notre WE complètement enchantés de cette rencontre, d’avoir passé du bon temps avec les amis sur le bord d’un feu de camp et d’avoir profité de paysages à couper le souffle. C’était vraiment très agréable. Sauf pour la partie routes vertigineuses et falaises… la vallée aura beau être saisissante, je ne m’y fait pas. Une route en particulier que nous avons empruntée. On la nomme la route à horaire. Pourquoi? Parce qu’il n’y a qu’une voie. On l’emprunte pour aller vers le Nord aux heures impaires et vers le Sud aux heures paires. Et on a pas le droit de la prendre dépassé les 20 premières minutes de l’heure allouée au risque de rencontrer! Ça je n’ai pas aimé. J’avais les yeux fermés alors y a que Louis pour vous dire à quel point le spectacle était grandiose et magnifique. Toujours ces toits de montagnes décharnés et rouges. La luxuriance de la végétation, les vallées profondes et intactes, les cascades dignes des films de Tarzan et j’en passe.
Une seule rencontre aura manquée à notre WE: Justin. Nous aurions beaucoup aimé le revoir car nous avions gardé un bon souvenir de notre première rencontre à Bora Bora Beach Camping. Et comme il repart en France très prochainement… Dommage. En revanche, nous avons retrouvé Jessica, ce qui fut une surprise des plus agréables.
Photo de la plage au lever du jour. Déjà des amoureux pour se baigner!
Vallée magnifique que nous avons traversée au retour.
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